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JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME 2022

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME 2022

Ci-dessous, l’adresse à la femme de Tafeu François Bikoro, l’activateur politique, à l’occasion de la célébration de la journée à elle dédiée.

8 mars, une journée de la femme ou un jour pour la femme ?

Ode à la femme : entre l’exigence d’un peu plus de place et la nécessité de lui restituer sa place, le pervers dilemme ?

Au-delà des éclaboussures, l’exigence d’une meilleure maîtrise du message qui ressortit de ces chants d’alerte chaque 08 mars, je me permets une incrustation dans notre univers commun.

La sœur, l’épouse, la tante ou la mère qui porte la grossesse, donne la vie, prépare à manger pendant que nous dévisageons sous l’arbre, celle-là qui courbe l’échine toute la journée au champ, lange le bébé jusqu’à maturité sans se départir des autres obligations. À l’ingénieure au chantier, à la soldate au front, à la doctoresse en clinique, à l’agent de l’Etat que l’on qualifie de gente en l’état, à la serveuse de cabaret comme à la femme de ménage qui subit notre misogynie langoureuse, et après se faire traiter de prostituée, simplement pour le seul et unique crime de vouloir, à la fin, se sentir épanouie… Et RESTER FEMME !

Le jour de son jour, elle mérite respect et considération, à défaut de jurer de la chérir, l’aimer et d’être reconnaissant. Pourquoi cela semble-t-il si difficile de le dire le jour de son jour ? Un seul jour. Comme je m’empresse de le faire (…)

OUI !À toi ma mère, à toi ma sœur, à toi ma fille, ma tendre épouse à dorer, à toi ma belle-fille, à toi ma belle-mère qui me donna sa fille à postérité. Je te dédie l’essentiel de mes pensées positives en ce jour, ce jour de ton jour. Comme de coutume, au-delà des invectives quotidiennes dont tu reçois, je ne me suis même pas arrêté un seul instant, pour faire chorus avec toi, maudissant la posture Covid qui m’empêche encore, cette année, de photographier tes « débordements » d’après-défilé, cintrée du kaba cellulaire.

Ce 08 mars, je ne serais toujours pas à la cuisine, ni au salon de coiffure, ni à la rivière pour puiser de l’eau à boire et à préparer les mets du soir, je ne te porterais pas, comme tu le fais de moi, depuis la création…. Car tu es irremplaçable, dans tes multiples facettes originelles et originales. Tu es unique dans ton genre et en genres. De tous ces rôles ingrats que t’a pourvus le créateur et dont certains, aujourd’hui plus qu’hier, s’essayent à t’imiter sans réussir à t’égaler, aucun ne m’inspire un autre sentiment que celui d’en jouir le plus, longtemps, possible. Mon seul rêve, en fait mon seul espoir, au moment de commémorer avec toi ce jour, le. Jour de ton jour, que tu n’oublies pas d’être et de demeurer infiniment FEMME ! Je dis bien FEMME ! Celle qui a toujours résisté face à tous les maux que lui inflige la démission et l’ingratitude de L’HOMME.En ce jour mémorable, où tu t’apprêtes encore à évacuer les immondices de nos oublis, de nos manquements séculaires et répétitifs, question de nous forcer en rappel de tes entrailles, je te supplie de prendre, à compte d’auteur, cette Ode du Capitaine Thomas Isidore Sankara le 08 mars 1987. Comme un prophète, l’actualité africaine et européenne du moment l’ayant inspiré en prémonition quand il déclarait et je le cite : « II n’y a point d’homme fier tant qu’il n’y a point de femme à côté de lui. Tout homme fier, tout homme fort, puise ses énergies auprès d’une femme ; la source intarissable de la virilité, c’est la féminité. La source intarissable, la clé des victoires se trouvent toujours entre les mains de la femme. C’est auprès de la femme, sœur ou compagne que chacun de nous retrouve le sursaut de l’honneur et de la dignité. C’est toujours auprès d’une femme que chacun de nous retourne pour chercher et rechercher la consolation, le courage, l’inspiration pour oser repartir au combat, pour recevoir le conseil qui tempérera des témérités, une irresponsabilité présomptueuse. C’est toujours auprès d’une femme que nous redevenons des hommes, et chaque homme est un enfant pour chaque femme. Celui qui n’aime pas la femme, celui qui ne respecte pas la femme, celui qui n’honore pas la femme, a méprisé sa propre mère. Par conséquent, celui qui méprise la femme, méprise et détruit le lieu focal d’où il est issu, c’est-à-dire qu’il se suicide lui-même parce qu’il estime n’avoir pas de raison d’exister, d’être sorti du sein généreux d’une femme.(…) Aucune révolution, et à commencer par notre révolution, ne sera victorieuse tant que les femmes ne seront pas d’abord libérées. Notre lutte, notre révolution sera inachevée tant que nous comprendrons la libération comme celle essentiellement des hommes. Après la libération du prolétaire, il reste la libération de la femme. (…). Toute femme est la mère d’un homme. Je m’en voudrais en tant qu’homme, en tant que fils, de te conseiller et d’indiquer la voie à une femme. La prétention serait de vouloir conseiller sa mère. Mais nous savons aussi que l’indulgence et l’affection de la mère, c’est d’écouter son enfant, même dans les caprices de celui-ci, dans ses rêves, dans ses vanités. Et c’est ce qui me console et m’autorise à m’adresser à vous.(…) Il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société, que jamais, mes pas ne me transportent dans une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J’entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J’attends et espère l’irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d’opprimées. » Fin de citationEn ce jour du 08 mars, ce jour, le jour de ton jour, le seul, mais pas l’unique jour à toi consacré par notre humaine condition d’ingrat impénitent, ACCEPTE LE PLUS GROS SALAIRE QUE JE PUISSE TOUJOURS TE DONNER : MON AMOUR.

Et ce jour, comme depuis le jour où tu as conçu de moi, je te renvois avec un empressement soutenu ces mots dont tu n’as eu de cesse de bercer ma modeste existence : JE T’AIME.

Passionnément,

Assurément,

Bonne fête !

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