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REFINANCEMENT BANCAIRE : les établissements de crédit septiques face à l’opération de la Beac

[abelainfo] - Malgré la reprise de l'injection de liquidités dans le circuit bancaire de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale par la Banque des États de l'Afrique Centrale, les banques commerciales restent très prudentes face à cette offre de refinancement, soulignant les défis persistants en matière de liquidité bancaire dans la sous-région.

Le 11 juin 2024, la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), la banque centrale commune aux États de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République Centrafricaine), a tenté de renouer avec ses opérations d’injection de liquidités dans les établissements bancaires de la sous-région. Cependant, cette reprise des refinancements n’a pas suscité l’engouement escompté auprès des banques commerciales.

Sur une enveloppe de 120 milliards FCFA proposée aux banques, seulement 55 milliards ont été effectivement souscrits et servis à quatre établissements de crédit ayant exprimé des besoins de trésorerie. Ce taux de souscription de 45,8 % reflète une réponse plutôt timorée des banques face à cette offre de refinancement de la Beac.

Cette prudence des établissements bancaires intervient plus d’un an après la suspension, en février 2023, des opérations d’injection de liquidités dans le circuit bancaire de la Cemac. Avant cette interruption, la Beac avait déjà entamé un processus de réduction progressive du volume de ses interventions hebdomadaires, faisant passer le montant de 250 milliards à seulement 50 milliards FCFA.

Selon les responsables de la banque centrale, ces mesures visaient à restreindre l’accès des États, des particuliers et des opérateurs économiques aux financements, dans le but de lutter contre l’inflation, dont 20 % seraient d’origine monétaire d’après les analyses de la Beac.

Depuis la fin de l’année 2021, les banques de la Cemac font face à un assèchement de la liquidité, avec un durcissement des conditions d’accès aux instruments de refinancement de la Beac, notamment à la faveur de la hausse des principaux taux directeurs et de la suspension des opérations d’injection de liquidités. Les établissements de crédit ont également subi des ponctions de liquidité à travers l’intensification des opérations de reprise de liquidités et le lancement d’émissions de bons de la banque centrale.

Malgré ces mesures, l’inflation demeure élevée dans la sous-région. Au Cameroun, par exemple, l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse moyenne de 6,3 % entre avril 2023 et avril 2024, soit plus du double du seuil de 3 % fixé par les critères de surveillance multilatérale de la Cemac.

La prudence des banques face à l’offre de refinancement de la Beac souligne ainsi les défis persistants en matière de liquidité bancaire dans la Cemac, dans un contexte de lutte contre l’inflation élevée. La banque centrale n’a pas précisé si cette opération de refinancement était ponctuelle ou s’inscrivait dans une nouvelle approche de gestion de la liquidité bancaire dans la sous-région.

S.Y

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